


Issu d'une famille de notables Bretons, Charles Huon de Penanster naît le 11 octobre 1832 à Lannion.
Son père, Pierre, est maire de Lannion entre 1822 et 1830, puis de 1852 à 1855, puis conseiller général. Son grand-père maternel, Joseph Even, est maire de Callac de 1814 à 1821.
Charles décide, à la fin de ses études, d'entreprendre plusieurs voyages à travers le monde, en compagnie de son frère cadet, Julien, polytechnicien et ingénieur dans l'armement, de son cousin, Hyacinthe de Gouzillon de Bélizal et de ses amis Félix de Carcaradec et Charles Le Normand de Lourmel. Ils conduisent notamment une expédition vers les sources du Nil. Leur épopée les conduira jusqu'aux frontières du Soudan.
En 1861, attiré par la vie politique du Trégor, Charles devient Conseiller Général du canton de Plestin-les-Grèves.
La même année, il entre en possession du château de Kergrist et entreprend sa restauration.
En 1867, il épouse Claire Le Roux, fille d'un banquier et industriel morlaisien, dont la famille a fait fortune dans le commerce du lin.
En 1871, Charles devient député des Côtes-du-Nord (aujourd'hui rebaptisée Côtes d'Armor).
Monarchiste légitimiste mais progressiste, il se passionne pour l'éducation... ce qui le rapproche de Jules Ferry. Ils élaborent ensemble la loi du 29 juillet 1881 sur la "défense d'afficher", toujours en vigueur de nos jours.
En 1886, il est élu sénateur, deux ans plus tard, maire de Lannion .
Charles Huon de Penanster meurt le 31 mai 1901 à Kergrist. Il repose dans le sanctuaire de Runfao, situé dans le parc du château.

Vendue comme bien national sous la Révolution, le domaine a été morcelé et le château pillé.
En 1860 Claire et Charles Huon de Penanster l'acquièrent et le rénovent, recomposant également son parc dans un esprit XVIIe.
ce duo va privilégier l'achat de mobilier ancien avec un goût prononcé pour le XVIIIe siècle. C'est ainsi qu'ils acquièrent les boiseries de l'aile Est, à l'abbaye de Beauport près de Paimpol.
Dans un même élan, Charles acquiert des panneaux de bois sculpté du XVIe siècle (Henri II) avec lesquels il fait réaliser des meubles Néo-Renaissance ; ainsi que six peintures de Pierre-Paul Rubens et une de Luca Giordano.
Les appartements se dévoilent aujourd'hui dans une ambiance chaleureuse et traditionnelle, celle d'une maison familiale du Second-Empire et de la IIIe République (Belle Epoque)








En 1879, Charles et Claire Huon de Penanster, ont une idée novatrice et fondatrice: créer le premier magazine familial et féminin, Le Petit Echo de la Mode.
Alors que la France paye à la Prusse de lourdes indemnités de guerre, cet hebdomadaire vient à point nommé insuffler aux ménagères mille idées bon marché. La rubrique mode leur propose des patrons de couture "encartés" dans le magazine, pour confectionner tous les vêtements de la famille. La rubrique cuisine les aide à mitonner des mets à bas prix. La rubrique santé, à pratiquer l'hygiène et les premiers soins à toute la famille. Informer et cultiver les foyers, reste le dessein majeur du support.
Sous le pseudonyme de Baronne de Clécy, Claire devient rédactrice-en-chef de ce magazine révolutionnaire dont le projet éducatif et social reste unique en son genre, parce que novateur et soucieux des valeurs morales traditionnelles.
Le succès est immédiat : en 1881, le tirage s'élève à 20.000 exemplaires et plus de 300.000 en 1900. Cette année là, l'entreprise installe sa première imprimerie à Paris.
Charles meurt le 31 mai 1901. Son fils Charles-Albert prend le relais guidé par sa mère. En 1920, 400.000 exemplaires du magazine sortent des presses. De nouvelles revues voient le jour : Pierrot, Lisette, Mon Ouvrage, ainsi que des collections de romans épisodiques insérés dans chaque numéro, afin de fidéliser le lecteur...
En 1922, ils fondent l'imprimerie de Châtelaudren. Un an plus tard, Charles-Albert décède à son tour, laissant l'entreprise à son fils Charles-Marie à peine âgé de dix-neuf ans. L'hebdomadaire Rustica, toujours existant aujourd'hui, est alors lancé.
Claire Huon de Penanster décède à son tour le 6 juin 1927.
En 1941, la société prend le nom des "Editions de Montsouris".
En 1955, L'Echo de la Mode est un des plus importants tirages en France. En 1963, la société est introduite à la bourse de Paris, mais, dans les années 1970, le déclin de la presse force le groupe à céder ses parts.
Bibliographie : Les personnages célèbres des Côtes-d'Armor
Auteurs : Alexis et Dominique Blanc
Editeur : L'Harmattan